Se marquer

Un texte griffonné un jour sur un cahier. L’envie de le rendre publique aujourd’hui…

Se marquer,
Se marquer à jamais
Peu importe la manière,
L’encre, la coupure, la brûlure


Pour exorciser,
Pour ne pas oublier,
Pour mieux ressentir,
Pour vivre, encore,
Pour ressentir,
Pour souffrir,
Pour réaliser.

Pour sourire,
Pour pleurer,
Pour se convaincre,
Pour montrer,
Pour y croire.

Pour se vanter,
Pour soi,
Pour Lui,
Pour eux.

Pour crier,
Pour hurler à jamais une appartenance.
Pour avancer.

Encrée, pour ne jamais faner.

Sac à dos pour oublier

Mont Royal – 2014

Je m’en vais : des mois que cette chanson tourne dans ma playlist. Et c’est au bout de plus de 500 écoutes que je réalise le sens des paroles, ou plutôt, je décide de m’arrêter sur une phrase :  » Mon sac à dos pour oublier ». Je comprends soudainement la raison tacite de cet amour musical.

De l’air !

J’ai la chance d’avoir une vie en perpétuel mouvement, et pourtant,  un goût d’insatisfaction persiste. C’est un sentiment précis et commun que « l’envie d’ailleurs » qui nous envahit, lorsque la lumière s’éteint. Ce sentiment même qui nous fait culpabiliser lorsque, coupables de fainéantise, nous constatons amers, le vide de notre journée. Oh oui nous avons été utiles à la société en nous rendant pour la plupart, au travail. Et après? Quid du temps pour nous? Quid de toutes ces minutes « gagnées », « optimisées »?
Chaque jour, je lutte contre un sentiment de culpabilité grandissant à mesure que je profite égoïstement et simplement de ma journée. La société et les carcans familiaux expliqueraient sans doute bien cette idée selon laquelle l’existence se fonde en partie sur notre capacité à se tuer à la tâche.
Et pourtant. Pourtant, oh combien j’ai du mal à me satisfaire de cette explication. Une vision trop simple que là encore, je blâme. Un cercle vicieux de pensées qui ont pour but de me tirer vers le haut, et qui au contraire, me donne l’impression de m’enfoncer d’avantage.
Ce tiraillement est sans fin : la reconnaissance de l’investissement professionnel (physique et moral) VS la reconnaissance humaine à parvenir à profiter de la vie. C’est à devenir fou, et c’est pourtant la question qui me semble être une clé essentielle dans la compréhension de soi. Sans elle, j’aurais du mal à avancer. Et répondre un banal « tu n’as qu’a mixer les deux envies » est loin d’être si simple.

Cercle vicieux.

Et si…?

… Nous partions? Loin, surtout, avec un avion. Pour des vacances, pour un projet, pour une envie, sur un coup de folie. Pour 1 mois, pour 3 ans, pour une vie?
Partir pour faire le point comme ils disent.
A peine le temps de formuler cette envie que déjà les démons me rattrapent : « pour quoi faire d’abord? ». J’ai l’impression d’être un enfant pris en faute. C’est pourtant bien l’avion aperçu dans le ciel hier qui est venu cristalliser dans mes yeux humides un besoin urgent : partir et profiter.