Craquez pour le Boudoir 1900

Si je vous dis Maison Close, Scantilly, Agent provocateur … ? Vous me répondez ? Lingerie bien sur ! Et c’est au cœur de Lyon que j’ai trouvé une boutique regorgeant de trésors tous plus jolis les uns que les autres.

Il faut dire que la boutique avait tout pour me parler : du rose, du noir, du baroque, des strass, des plumes, des alcôves : bienvenue au Boudoir 1900 !

J’ai découvert cette boutique il y a deux ans lorsque le magasin est sorti de l’ombre de la rue de l’Arbre Sec pour s’installer rue Paul Chenavard, derrière les Terreaux. Entre ce shop et moi, ce fut le coup de foudre immédiat. La vitrine vous en dira long sur l’univers proposé : du glamour, du chic, et une pointe d’érotisme sur deux étages, la cave étant à mes yeux, le coeur de la boutique. Isolée de la rue, elle est une caverne d’Ali-baba.

Véritable ode à la féminité, la boutique offre une gamme de produits large allant de la lingerie aux déshabillés en passant par quelques jouets érotiques. Mais parlons de la lingerie d’abord, car sans elle nous ne ferions pas grand-chose. Je vous parlais de l’importance des sous-vêtements dans un précédent article.

Une douzaine de marques ont été méticuleusement sélectionnées pour nous faire fondre. Agent Provocateur, Maison Close, mais aussi ELF Zhou, Bluebella ou encore Impudique by Catanzaro (pas le créateur fétish, mais sa nièce ! ).

Pour le budget, on ne va pas se mentir, la plupart d’entre nous attendront une grande occasion pour se faire plaisir, la plupart des articles se situant sur la tranche haute du « moyen de gamme ». Néanmoins, vous pouvez trouver des soutien-gorge dès 40€.

 

 

Il y a même des corsets ! <3

Le conseil est également un gros plus qui manque souvent aux autres magasins de lingerie. Si j’ai la chance de connaître parfaitement ma poitrine, sa taille, les formes qui lui conviennent etc, je sais que c’est encore une grande inconnue pour beaucoup de femmes. Combien ne connaissent pas leur taille, ou pire, se trompe dans leurs achats ? Résultat : des poitrines sciées, opprimées, relachées et des dos en compote.

Ici, je peux vous garantir que vous repartirez avec LE soutien-gorge idéal pour vous. Dans cette ambiance baroque, vous serez chouchoutée et conseillée : la responsable prend le temps dont vous avez besoin, et cela fait du bien. Un véritable moment de complicité s’installe et la magie opère : vous commencez à regarder pour des fantaisies supplémentaire.

Faites-vous plaisir !

En plus de la lingerie, une vaste gamme vous est proposée, allant du « simple » accessoire aux lovetoys. Mais attention, chic et subtilité sont de rigueur, hors de question de faire de ce lieu un supermarché du sexe. L’ergonomie, le design, les matières sont autant de critères entrant dans la sélection de la gamme.
Ouvrez l’oeil, les tiroirs en verre sous les rayonnages recèlent eux-aussi bien des trésors, dont d’adorables nippies tous aussi jolis les uns que les autres. J’ai presque eu envie d’acheter le rayon pour le plaisir de le contempler dans mon dressing… Oops !

Dorénavant, vous savez que demander à votre chéri pour Noël !

Le  plus : une boutique tenue par un couple de commerçants indépendants, on dit oui !!!

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Leur Facebook : ici
Leur site web : ici

Oh Paradis, tu rêves à Lyon…

Il y a quelques jours, je suis allée m’enivrée au cabaret, accompagnée de mon acolyte Anne. Je connaissais déjà l’adresse mais l’envie de partager ce lieu avec vous était trop grande. Je suis donc allée découvrir la revue 2017/2018 « Paradisiaque » pour vous !

Une bulle hors du temps 

Je rentre dans ce lieu pour la 3ème fois et la même sensation m’envahit : « oh que la soirée va être bonne » ! Ambiance feutrée et chaleureuse à l’arrivée. Je jette un coup d’oeil à mon amie : je la sens déjà conquise. Dès le vestibule, Diamond vous met à l’aise avec un petit mot et un charmant sourire.

Nous entrons dans la salle de spectacle pouvant accueillir 80 personnes environ. Il y a des paillettes de partout, nos yeux brillent et s’attardent sur chaque élément de décoration. Tout est pensé pour créer une ambiance cosy et festive où le glamour prend tout son sens. Le fumoir et la partie sanitaire vaut également le coup d’oeil : n’hésitez pas à y faire un tour, dépaysement garanti.

Les artistes qui passent autour de nous nous saluent. Leur maquillage est impressionnant et on imagine déjà les heures de préparation en coulisse. L’équipe est presque prête et notre impatience grandit à chaque seconde.

Le cabaret comme on l’adore

Nous nous installons tandis que les spectateurs terminent leurs assiettes. Ici, le service et la cuisine sont assurés par les artistes eux-mêmes. Rassurez-vous, pour y avoir mangé par deux fois, je vous garantis que vos papilles se régaleront et que le service sera parfaitement mené. La cuisine se veut raffinée et gourmande : dans une ville comme Lyon, impossible de décevoir les fins palais

Enfin le rideau s’ouvre et les premières notes retentissent sur une chanson écrite par l’équipe. Le spectacle commence sur les chapeaux de roues.

Pendant 2h environ, les numéros s’enchainent : chant, danse, transformisme, claquettes, il y en a pour tous les goûts. Les émotions sont au rendez-vous : des interventions burlesques de personnages hauts en couleurs, aux performances touchantes de Piaf ou Liza Minell, en passant par des tableaux plus sensuels. Mention spéciale pour la ressemblance à Mylène Farmer, Michael Jackson et la petite surprise Star Wars (mais chut)…

 

Les artistes n’hésitent pas non plus à descendre de scène pour devenir plus accessibles et nous amener avec eux dans cette bulle de rêve. C’est aussi l’occasion d’admirer leurs costumes et maquillages de plus près : bluffant ! Le moment aussi pour jalouser admirer de plus prêt les jambes de Will…
La question du transformisme est d’ailleurs abordée au cours d’un tableau. La chanson permet d’amener une prise de conscience sur le ressenti du transformiste : l’émotion est alors au rendez-vous.

Mais déjà la fin approche : les plumes et lumières du final auront raison de moi, je retrouve aussitôt mes yeux d’enfants. Je n’ai pas envie que cela cesse et mon âme d’artiste donnerait cher pour faire un tour en coulisses histoire de prolonger la magie…

Le rideau se baisse pour nous laisser quelques secondes sans mots, le temps de revenir sur Terre.
Oh Paradis est, à mon sens, la meilleure référence du Music-Hall à Lyon. Merci à Jean Jacques Mazars et son équipe, Diamond, Maëlys, Fabian, Will et Eric de faire briller nos yeux et nos coeurs dans ce lieu inédit.

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Tarifs : Comptez de 60 à 100€ selon la formule

Site web : http://www.ohparadis.com/
Facebook : https://www.facebook.com/ohparadis/

Se marquer

Un texte griffonné un jour sur un cahier. L’envie de le rendre publique aujourd’hui…

Se marquer,
Se marquer à jamais
Peu importe la manière,
L’encre, la coupure, la brûlure


Pour exorciser,
Pour ne pas oublier,
Pour mieux ressentir,
Pour vivre, encore,
Pour ressentir,
Pour souffrir,
Pour réaliser.

Pour sourire,
Pour pleurer,
Pour se convaincre,
Pour montrer,
Pour y croire.

Pour se vanter,
Pour soi,
Pour Lui,
Pour eux.

Pour crier,
Pour hurler à jamais une appartenance.
Pour avancer.

Encrée, pour ne jamais faner.

La nuit – Grand Corps Malade

Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule
Un parfum d’hésitation qu’on appelle le crépuscule.

Les dernières heures du jour sont avalées par l’horizon,
Pour que la nuit règne sans partage, elle a gagné, elle a raison.
En fait j’aime cet instant, j’ vois le changement d’atmosphère
Et si j’y pense un peu j’ me demande comment ça peut se faire
Ce miracle quotidien, le perpétuel mystère qui fait qu’en quelques secondes on passe du coté obscur de la terre.

Voici une note pour la nuit, les nuits, les miennes les tiennes.
Je ne sais pas comment tu les vis moi mes nuits m’appartiennent.
Je les regarde je les visite c’est mon royaume mon château
Je les aime et c’est tant mieux parce que j’aime pas me coucher tôt.

J’ te parle pas des nuits parisiennes, des lumières et des décibels
J’ préfère celles du silence et d’ la pénombre qui est si belle
J’te parle pas des nuits en boite, celles des branleurs et celles des poufs
Je préfère les trottoirs vides quand la ville reprend son souffle.

Comment exprimer ce que la nuit m’inspire
Ce qu’elle nous suggère et ce qu ‘elle respire.
Ce moment d’obscurité qui met en lumière nos fissures,
L’ambiguïté en manteau noir, la nuit fait peur, la nuit rassure.

En tout cas c’ qui est sur c’est qu’elle influence nos cerveaux.
Prend pas de grandes décisions la nuit tu sais jamais ce que ça vaut!
Pourtant elle peut être parfois un moment d’ extrême lucidité
Et c’est souvent la nuit qu’ tu crois détenir la vérité.

Chaque nuit la suspicion fête son anniversaire
Et quand tu croises un mec dans la rue il te matte comme un adversaire.
Y’a des regards méfiants, menaçants ou pleins de panique,
En tout cas c’ qui est bien la nuit c’est qu’ y a personne sur le périphérique.

Et si t’as pas de voiture surtout loupe pas le dernier métro
Sinon tu raques un taxi ou tu dors avec les char – clo.
Tu découvres alors que la lune n’est pas toujours blonde
Tu découvres la vraie nuit, son vrai rythme et son vrai monde.
C’est vrai que la faune de la nuit est assez particulière,
Y’ a ceux qui taffent ,y’a ceux qui sortent pour voir les putes ou boire une bière.
La police est là aussi alors on peut se manger quelques claques
Quand on répond un peu trop fort lors d’un contrôle de la BAC.

Dans ta nuit la journée qui vient de finir se reflète
Tu fais ton p’tit bilan , journée de galère ou jour de fête.
Si t’as peur du lendemain tu penses aux proverbes un peu balourds
« la nuit porte conseil » ou bien « demain il fera jour ».

Voici une note pour la nuit, douce nuit d’été, ou longue nuit d’hiver,
Nuit calme et reposée ou nuit trop riche en faits divers.
Nuit blanche lors d’une nuit noire où même la lune s’est dérobée
J’ te propose juste quelques photos de notre monde, face B

Voici une note pour la nuit qui nous a vu remplir tellement de pages
Qu’à cet instant je la fixe sur ma feuille comme un hommage.
Elle offre au poète tellement d’heures sans bruit,
A c’ qui parait la nuit tous les stylos sont pris.

Nos années folles – A.Téchiné

Si je suis souvent longue à choisir un film en passant de longues minutes à inventorier les bandes annonces du moment, il m’aura fallu moins de 2 minutes pour me décider pour foncer voir Nos années folles, sorti le 13 septembre dernier.

Le synopsis

 » La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul… »

Une histoire vraie

Vous l’aurez compris : Paul se travestit pour survivre.
J’ai été touchée par la dualité du personnage : tantôt Paul, tantôt Suzanne, il reste l’homme que Louise aime. Ensemble, ils traversent toutes les épreuves de ce changement de vie : le refus d’abord, puis la résignation, l’acceptation, l’habitude etc.

Mais rapidement leurs vies vont devenir si différentes : elle travaille le jour, lui sort au Bois le soir. Pendant le film, j’ai été frappée par l’image de Paul, habillé en Suzanne, réveillant sa chère au petit matin. Sans sa perruque, il reste dans l’entre-deux : mi homme-mi femme en 1 seul corps. Son attitude tendre et protectrice envers elle à ce moment évoque encore sa masculinité, une dernière bribe avant de perdre pied.

Suzanne vient en effet prendre de plus en plus de place dans le couple : la prostitution, les fantasmes… Louise ne le suit plus mais ne dit rien, par amour, ou par culpabilité peut-être? Elle le voit heureux, épanoui, tandis qu’elle se recroqueville, s’enferme. Se met en place une forme d’aliénation amoureuse qui se mue peut à petit en oppression, jusqu’à faire imploser le couple.

Un sujet qui fait échos

Si le travestissement a souvent fait l’objet de fantasmes cinématographiques, rarement la valse des sentiments qu’il provoque n’a été autant mise en lumière. La question de l’identité des genres est au cœur du scénario. Peut-on retrouver sa personnalité masculine 10 ans après ? Le veut-on d’ailleurs? La personnalité change-t-elle autant que cela? Peut-on rester le même au fond, que l’on soit vêtu de telle ou telle façon? Toutes ces questions sont suggérées au spectateur qui se voit alors projeté dans des réflexions aussi philosophiques que concrètes en sortant de la salle.

Ce film m’a d’autant plus parlé que j’ai été confrontée à ce sujet de près. Je savais depuis toujours son expérience dans la peau d’une femme, sa volonté de se rapprocher d’elles au plus près pour les comprendre au mieux. Mais son expérience s’était réalisée bien avant que je le rencontre, ces envies semblaient lui avoir passé. Je suis restée longtemps dans une forme d’admiration, jusqu’au jour ou le sujet est revenu sur le tapis : cette fois cela nous concernait nous deux.
Etrangement, j’ai beaucoup moins sourit sur l’instant, la première question qui me frappait était justement cette question de personnalité. Serait-il le même au quotidien, avec moi? Et pourquoi repartir sur ces questionnements, lui manquait-il quelque chose?

Cela m’a pris plusieurs semaines pour « encaisser » la nouvelle. Et d’entrée de jeu, c’est le rejet qui a été ma première réaction : il fallait que je me protège. Mais se protéger de quoi? Je ne pouvais pas lui reprocher  l’amour de la féminité alors que moi même j’adore cela (voir l’article à ce sujet) ? Décemment non. Je ne pouvais pas le priver de ces plaisirs, et ne vivant pas ensemble, je pouvais savoir mais ne pas le voir. Une forme de déni assumé mais pas plus sain pour autant. Mais c’était là encore, une étape de passée. Tout comme Paul dans le film, lui aussi a commencé à entrer dans une progression dans son travestissement. De quelques accessoires, il a commencé à acheter, à chercher, à améliorer pour atteindre sa notion de la perfection, jusqu’à la rendre publique, mais toujours sans moi et dans des cadres spécifiques.
Nous avions franchi un nouveau cap, celui où j’étais exclue de son plaisir. J’ai alors eu la sensation ambiguë de ne pas pouvoir partager un de ses plaisirs, d’en être privée alors même que je ne voulais pas y être jointe. Ce n’était pas tant la peur du regard des autres, dans le monde de la nuit, cela n’est pas si choquant. Non, c’était toujours bel et bien une question de personnalité, savoir comment me comporter avec ce lui/elle que je ne reconnaissais plus. Il a eu la décence de ne jamais rien forcer, de ne pas imposer le sujet. La porte était toujours ouverte aux questions, commentaires, remarques, mais c’était à moi d’évoquer en 1er le sujet. Alors je me suis longtemps murée dans le silence, jusqu’au jour ou un nouveau sentiment est arrivé, et qu’il a fallu lui en parler.

La jalousie. Pour la première fois, dans notre couple, j’étais jalouse d’une autre. Sauf qu’ici, l’autre en question n’était pas une quelconque bimbo connue en boîte, non : c’était elle/lui.-même Il fallait voir la vérité en face : son côté femme était une bombe une fois apprêté. Sa vision de la femme parfaite était là, sous mes yeux : et je n’étais rien de tout cela. La claque fut immense : non pas que je n’étais pas au courant mais la frontière entre savoir et voir est toujours un cap.
Et un jour, j’ai réussi à lui en parler, à débriefer, il le savait déjà, s’en doutait et ne pouvait rien y faire pour autant. Alors que faire une fois les rideaux tombés?  Vivre avec et aménager. Mettre des limites là ou il est encore temps et ne pas le brider. Il n’était pas question de finir comme Louise, de finir oppressée au point de (spoiler aller) le tuer. Nous avons donc décidé que je rencontrerais pas cette partie de lui, à part en photos, si je le désire. La discussion est toujours permise et la communication maintenue.

Et puis il faut relativiser : si je ne peux pas me battre contre cela, autant en faire un sujet d’ouverture. Au moins, dans notre couple, les sujets féminins ne sont jamais tabous. On peut parler chaussures et make-up sans que quiconque soit lésé. il comprend mieux que n’importe quel autre mâle ce que porter des talons de 17cm toute une soirée signifie. Jamais aucune remarque sur le temps passé dans la salle de bain, jamais une critique sur un sac à main comportant 6 rouges à lèvres différents.

Parfois, il faut le reconnaître, ça a du bon, et bien des hommes devraient se pencher d’avantage sur ces questions, mais c’est un autre sujet…